AU NOM DE L'AMOUR
Et j'ai déposé ma couronne à tes pieds
Versé trop de larmes pour avoir su t'aimer
A l'aube d'un jour, aux pas de l'Eternité
S'est éteinte la vie de mon âme endeuillée
Lumière d'Akhira, belle Lumière de l'été
Tu es l'arbre de Touba sur ma triste contrée
Et j'ai déposé ma prose devant tes souliers
Cueilli toutes les roses qui n'ont pas su t'aimer
Au nom de l'Amour, au nom de la Vérité
Fut sacrifiée l'étoile de ma présence aimée
La danse illumina les soleils de l'obscurité
Et mon âme se consuma d'un feu sans fumée
Je vis désormais dans le cimetière des cités
A l'abri des tentations d'un peuple égaré
L'encens de mes peines parfume mon mausolée
Et cette solitude que j'aime finira par me tuer
Mais l'espoir d'un jour est une feuille immaculée
J'attendrai ton retour dans un cercueil de pureté
Pour les fils de l'Amour, le temps n'est pas encore né
La seconde de piété donnera naissance à l'année;
Ya Habibi, O Sultan de toutes les beautés
Mon âme coupable est saoule de ta vision sacrée
J'ai ruiné tous les trésors de tes tavernes cachées
Et l'ivrogne que je suis demande encore à t'aimer
Boire de ton coeur car le vin des désirs a tourné;
Déverse donc la cruche du Pardon sur mon passé
Car mon âme bavarde eut raison des secrets
Mais le silence est né d'un Savoir qui effraie
J'attendrais donc le bonheur dans un mutisme sacré
En vivant dans mon coeur le lyrisme des regrets.
Et ce siècle sans toi est un siècle éprouvé
L'attente a le goût amer du pain trop salé
Mais l'espoir est de l'eau pour la gorge assoiffée
J'attendrais donc en silence le siècle de la Paix
En respirant dans la transe le parfum de l'Aimé
Et lorsque qu'aura coulé l'encre de l'Amitié
Tu verras cet enfant qui a osé t'aimer
Cet insolent martyr, mort devant ta beauté
Au nom de l'Amour, au nom de la Vérité.